Portrait d’Imen Chaanbi

Géopolitique de l’Afrique et du Moyen-Orient

Imen Chaanbi

Experte en géopolitique, intelligence économique et veille stratégique

  • Géopolitique
  • Veille stratégique
  • Intelligence économique
  • Prospective
  • Afrique
  • Moyen-Orient
Adresse courte strategikia.com/chaanbi
  • P33
    auditrice civile de l’École de guerre
  • IHEDN
    auditrice de la 64ᵉ session (intelligence économique)
  • CR451
    membre, École de Guerre Économique
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Biographie

Mme Imen CHAANBI est experte en géopolitique, intelligence économique et veille stratégique au sein des cabinets 5WE Consulting et StrategikIA. Diplômée de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en droit du monde arabe et en droit international des affaires, elle est également diplômée en psychocriminologie.

Spécialisée en géopolitique et géoéconomie, elle intervient sur les enjeux de sécurité, l'analyse des rapports de force et des stratégies d’influence, ainsi que sur l'anticipation des risques. Elle participe à des programmes de recherche stratégiques, avec une expertise reconnue sur l'Afrique et le Moyen-Orient.

Auditrice civile de l’École de guerre (P33) et de l’IHEDN (64ᵉ session - intelligence économique), elle est membre du CR451 de l’École de Guerre Économique et du collège des experts de l’Académie de l’intelligence économique.

Elle intervient également comme conférencière et formatrice auprès de diplomates, cadres dirigeants, institutions académiques et étudiants.

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Interview

Les questions de Strategikia

Avec Mathieu Guidère, Imen Chaanbi signe Géopolitique prédictive : l’intelligence au service de la prospective (Strategik.IA, 2025). L’ouvrage croise intelligence artificielle et analyse stratégique pour anticiper les recompositions d’un arc qui s’étend du Maghreb et du Machrek au Sahel et au Golfe, jusqu’à l’Afghanistan, le Pakistan, l’Inde et la Chine. Strategikia l’a interrogée sur la méthode, ses limites et ce qu’elle change pour les décideurs.

  1. Comment est né ce livre écrit à quatre mains avec Mathieu Guidère ?

    De la rencontre de deux approches. Mathieu Guidère a fondé la linguistique prédictive et travaille depuis longtemps sur la détection de signaux dans le langage. De mon côté, j’accompagne entreprises et institutions sur le terrain, en Afrique et au Moyen-Orient, avec un besoin très concret : anticiper plutôt que subir.

    Nous avons voulu un ouvrage utile à la fois aux décideurs, qui ont besoin de lisibilité, et aux analystes, qui ont besoin d’outils opérationnels.

  2. Pourquoi avoir choisi cet arc qui va du Maghreb jusqu’à la Chine ?

    Parce que c’est un espace où les tensions, les transitions et les projections de puissance sont étroitement liées. On y trouve des rivalités énergétiques autour du Golfe, des recompositions identitaires, l’affaiblissement des médiations étatiques au Sahel.

    C’est une zone peu prévisible, et c’est justement ce qui la rend précieuse pour la prospective : elle produit en abondance les signaux faibles qui annoncent les basculements.

  3. Concrètement, comment l’intelligence artificielle intervient-elle dans votre méthode ?

    À trois niveaux. D’abord une base de données très hétérogènes : séries économiques, données climatiques, flux migratoires, discours religieux et politiques, réseaux sociaux, vidéos, témoignages. Ensuite un traitement algorithmique qui croise ces données et fait apparaître des corrélations. Enfin, et c’est essentiel, une analyse humaine qui replace ces corrélations dans une grille stratégique.

    Le résultat prend la forme de fiches pays en couches, sécuritaire, économique, identitaire et environnementale, régulièrement mises à jour et conçues pour repérer les points de bascule plutôt que pour décrire une situation figée.

  4. Pouvez-vous donner un exemple de signal faible ?

    Le sud de l’Algérie, à la frontière du Mali et du Niger, en est un bon exemple. Pris isolément, aucun indicateur n’alerte : la progression de la désertification, l’évolution de certains discours religieux, le recul de rituels sociaux, la variation des transferts d’argent. C’est leur conjonction qui devient significative.

    De la même manière, au Sahel, des dynamiques de déliaison sociale étaient perceptibles plusieurs mois avant que les effondrements ne deviennent visibles. C’est ce que nous appelons des conflits en cascade : un choc local qui se propage aux zones voisines.

  5. L’IA peut-elle donc prédire les crises ?

    Non, et il faut le dire clairement. L’IA ne prédit pas seule : elle rend lisibles des configurations qui émergent. Elle donne des tendances et des probabilités, jamais la maîtrise du réel.

    Toute prédiction repose sur des choix de cadrage et de variables, elle n’est donc jamais neutre. D’où l’exigence de transparence : publier les paramètres, les marges d’erreur, les sources et les limites, et croiser les résultats avec l’expertise de terrain et les sources locales.

  6. La France est-elle en retard dans ce domaine ?

    La prospective y reste trop souvent théorique et éloignée des besoins opérationnels, alors que des pays comme la Russie, la Chine, les Émirats ou l’Inde investissent fortement dans ces dispositifs.

    Notre livre plaide pour une culture française de l’anticipation, qui accepte l’incertitude comme une donnée et s’appuie sur nos propres traditions d’analyse, plutôt que d’importer des modèles étrangers.

  7. Vous défendez un « optimisme stratégique ». Sur quoi repose-t-il ?

    Le grand jeu classique, avec des acteurs stables et des zones d’influence bien délimitées, s’est effrité. La compétition est devenue asymétrique : États, entreprises, groupes non étatiques et plateformes y participent. Les transitions énergétique et technologique ouvrent ainsi des marges de manœuvre à des acteurs longtemps marginalisés, notamment au Sud.

    Mais l’anticipation a deux visages. Elle peut aider à sortir de la logique réactive, comme elle peut alimenter une course à la prédiction et la méfiance. C’est pourquoi nous plaidons pour une anticipation partagée, qui serve à réguler plutôt qu’à légitimer des décisions unilatérales.

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Publications

Géopolitique prédictive, Strategik.IA
Livre

Géopolitique prédictive

L’intelligence au service de la prospective
avec Mathieu Guidère · Strategik.IA · 2025

Une analyse prospective des recompositions géopolitiques de l’arc qui va du Maghreb et du Machrek au Sahel et au Golfe, jusqu’à l’Afghanistan, le Pakistan, l’Inde et la Chine. Des fiches pays modulaires, nourries par la modélisation algorithmique et la détection de signaux faibles, pour repérer les points de bascule.

Article· Publié dans Le Diplomate

Le Grand Entretien du Diplomate : Géopolitique prédictive

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Entretien avec Roland Lombardi sur la méthode de l’ouvrage, les signaux faibles, les conflits en cascade et la place de la prospective en France.

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